mardi 8 août 2017

Lecture: Au fond de l'eau

 
J'avais apprécié la lecture du précédent roman de Paula Hawkins, "La fille du train", et la critique d'Eva m'a donné envie de lire le suivant, que j'ai eu la chance de dégotter à la bibliothèque le week-end dernier!

Résumé: Une semaine avant sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent.

Point très positif de ce roman, Paula Hawkins nous plonge totalement dans l'atmosphère pesante qui entoure ses personnages et son histoire: tous ont des secrets qui leur pèsent, et telles des poupées russes ces secrets émergent l'un après l'autre au fil du récit. L'alternance des narrateurs ajoute à cette atmosphère, nous perdant dans la subjectivité des points de vue pour nous tenir en haleine jusqu'à la révélation finale, à la toute fin du roman.
Secrets de famille, mensonges, lieu chargé d'histoire, tout est là pour garantir le suspense, et je n'ai lâché le roman qu'une fois terminé!

Cette multiplication des histoires qui s'enchevêtrent est pour moi à la fois un point fort de ce roman, car il maintient la tension pour le lecteur, un peu à la façon d'un Broadchurch où chaque secret pourrait mener à la résolution de l'énigme, mais aussi un point faible à mon sens car j'ai eu l'impression qu'on restait à la surface à chaque fois, en particulier pour le final, et qu'il me manquait des explications (mais je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher la lecture de celles et ceux qui ne l'ont pas encore lu).

Si l'ambiance est parfaitement rendue, j'ai trouvé dommage que l'histoire du "Bassin des noyées" n'ait qu'un rôle de toile de fond, de décor pour l'ambiance, et pas plus de place dans le récit.

Malgré ces petits bémols, une lecture prenante qui confirme la première impression laissée par cet auteur!

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Première participation à "A year in England 2017"

mercredi 2 août 2017

Lecture: La dernière fugitive


Tracy Chevalier est un auteur dont j'apprécie la plume, j'avais déjà lu d'elle "La jeune fille à la perle et  "La Dame à la Licorne".
Grâce aux recommandations du Mois anglais 2017, j'ai emprunté "La dernière fugitive".

Résumé: 1850. Après un revers sentimental, Honor fuit les regards compatissants des membres de sa communauté quaker.
Elle s'embarque pour les Etats-Unis avec sa soeur, Grace, qui doit rejoindre son fiancé.
A l'éprouvante traversée s'ajoute bientôt une autre épreuve : la mort de Grace, emportée par la fièvre jaune. Honor décide néanmoins de poursuivre son voyage jusqu'à Faithwell, une petite bourgade de l'Ohio.
C'est dans cette Amérique encore sauvage et soumise aux lois esclavagistes, contre lesquelles les quakers s'insurgent, qu'elle va essayer de se reconstruire
.

Loin de l'ambiance des précédents romans que j'ai lus, ce récit ne tourne pas autour d'une oeuvre d'art, mais nous emmène dans l'Amérique du 19ème siècle, aux côtés d'Honoré, une jeune Quaker anglaise.
Après avoir quitté l'Angleterre pour fuir la honte de l'abandon et la pitié de sa communauté, Honor perd sa soeur et se retrouve seule en pays inconnu. Elle l'est d'autant plus qu'à cause des difficultés d'acheminement du courrier entre l'Angleterre et les Etats-Unis son futur beau-frère ne l'attend pas, et que sa présence dérange le foyer dans lequel elle arrive.
Malgré son attirance pour un séduisant chasseur d'esclaves, elle épouse un jeune homme de sa communauté, afin de ne pas en être exclue, mais peine à s'intégrer dans sa nouvelle famille. En accord avec les principes de sa foi, elle va tenter d'aider les esclaves fuyant le Sud pour rejoindre le Canada, allant jusqu'à quitter son mari pour suivre ses principes.

Ce roman est très riche, il aborde de nombreux thèmes qui nous ouvrent des champs de réflexion.
Tracy Chevalier y évoque le développement de l'Amérique et l'implantation de colons venus d'Angleterre, avec la difficulté d'intégrer un pays sans histoire, où tout est à construire. Honor arrive avec ses habitudes, sa façon de penser, et même si elle entre dans une communauté qui partage sa foi, elle a du mal à trouver sa place et ses repères.
Dans cette Amérique qui se développe, l'esclavage règne, et nul ne peut s'y opposer sous peine de sanctions pouvant aller jusqu'à tout perdre. Mais des femmes et des hommes aidaient malgré tout les fugitifs. J'ai découvert grâce à ce roman le "chemin de fer clandestin", ce réseau mis en place pour permettre aux esclaves de gagner la liberté. Et les quakers, la communauté d'Honor, ont joué un rôle important dans ce chemin de fer.
Je n'avais jamais entendu parler des quakers, Tracy Chevalier nous fait pénétrer dans leur univers par le biais de son héroïne. Avec Honor on découvre leur façon de vivre, les règles de simplicité qui régissent leur vie, leur culte et l'importance du silence et de la lumière intérieure, mais aussi les règles de vie de la communauté, que ce soit pour décider d'un mariage, exclure quelqu'un de la communauté.... Et dans ces habitudes de vie il y a pour les femmes la réalisation de quilts
en patchwork (jai compris de ma lecture que les quilts sont des genres d'édredons). Ce sont des éléments indispensables du trousseau d'une jeune mariée, et les femmes de la communauté se réunissent pour les réaliser. Cadeaux personnalisés, ils sont le souvenir de ceux qui l'ont réalisé pour ceux qui les possèdent.
Dans le roman la réalisation des quilts en elle même est symbolique du changement de vie d'Honor: les femmes de sa nouvelle communauté n'ont pas la même façon de procéder, elles ne font pas un véritable patchwork qui prend du temps, et Honor juge au départ cette méthode moins noble, mais elle va apprendre à apprécier aussi cette façon de faire, comme elle va devoir apprendre à trouver sa place dans la société américaine.

Honor est une héroïne attachante, malgré l'abandon par son fiancé elle prend son destin en main en suivant sa soeur, et elle va continuer à avancer envers et contre tout pour atteindre la destination prévue. C'est une femme de coeur et de principes, elle préfèrera renoncer à sa place dans la communauté plutôt que de renoncer à aider les esclaves en fuite, car il lui semblerait alors renier les principes mêmes de sa foi.
Même si le roman met en avant l'importance que des gens s'engagent pour aider les autres, il soulève la difficulté de suivre ses principes quand les conséquences peuvent être fatales, ou quand l'expérience amère a déjà été faite que le risque encouru est grand. Il nous montre aussi qu'il n'est pas facile de juger des décisions des autres sans savoir ce qui les motive, comme Honor le fait au départ avec sa belle-famille, et aussi que parfois il faut savoir nuancer et ne pas surestimer sa propre valeur dans un système global.

Une très belle découverte qui confirme que quel que soit le terrain choisi, Tracy Chevalier m'emmène avec ses héroïnes en me faisant découvrir des pans de culture et d'histoire que je ne connaissais pas.

vendredi 7 juillet 2017

Lecture: Un jour


Ce roman était la lecture commune du premier jour du "Mois Anglais 2017", mais comme je ne fais rien dans l'ordre, chez moi ce sera le dernier billet de ce challenge :-)

Résumé: Comédie de moeurs, tableau social de l'Angleterre des vingt dernière années, mais surtout sublime histoire d'amour, "Un jour" est le livre qui a fait chavirer l'Europe toute entière. Superbement construit, un roman drôle et lucide sur l'amitié, le passage à l'âge adulte, les occasions manquées, les illusions perdues.
Lui, Dexter, issu d'un milieu aisé, séduisant, sût de lui, insouciant. Elle, Emma, d'origine modeste, charmante qui s'ignore, bourrée de complexes, de principes et de convictions. Nous sommes le 15 juillet 1988. Margaret Thatcher est au pouvoir, la new wave bat son plein. Dexter et Emma viennent de passer une nuit ensemble. Ces deux-là ne le savent pas encore, mais ils ont vécu un coup de foudre. D'année en année, Dexter et Emma vont se chercher, se perdre, s'aimer, se détester, se séparer, et finir par comprendre qu'ils ne sont jamais aussi heureux que quand ils sont ensemble. Nous sommes le 15 juillet 2004. Tony Blair est Premier ministre, Robbie Williams cartonne, et la vie, la vie qui va, réserve encore bien des surprises...

Sur presque 20 ans, on va suivre Emma et Dexter à travers le récit d'un seul jour par an, le 15 juillet, le jour où ils ont failli être amants, et sont devenus amis. Amitié surprenante entre une jeune femme d'un milieu modeste, militante, animée de convictions fortes, et un jeune homme beau, riche, venant d'une famille aimante, sûr de lui, qui va durer dans le temps malgré les aléas de la vie.

Malgré ses brillants résultats scolaires, Emma va commencer par vendre des tacos, et il lui faudra du temps pour s'épanouir et enfin trouver sa voie et le courage de réaliser ses rêves. Elle est sérieuse, réfléchie, peu sure d'elle et souvent seule. Au contraire, Dexter profite de la vie: il voyage sans contraintes, avant de se lancer dans la télévision, de cotoyer la célébrité. Il boit, fume, enchaîne les aventures, tout semble lui réussir mais la vie se charge de lui montrer que le monde de la télévision n'est qu'éphémère, et qu'on peut vite être remplacé.

Tout semble les séparer, mais rien ne rompra ce lien qui les unit. Ce roman pose d'ailleurs l'éternelle question de l'amitié homme/femme: est-ce possible d'être réellement amis, sans aucune arrière pensée?

Le concept de la narration m'a beaucoup plu, ce flash annuel sur la vie des deux héros, qui permet de balayer 20 ans sans être noyés. On s'attache aux personnages, on suit leur passage de l'âge étudiant à l'âge adulte, les difficultés que ça représente. La vie de nos héros n'est pas un long fleuve tranquille, et c'est ce qui les rend proches de nous!

Ce roman se lit facilement, parfait pour les vacances!

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Dernière participation au mois anglais 2017!

jeudi 29 juin 2017

Lecture: Le témoignage du pendu


J'avais lu le premier tome des aventures de Lizzie Martin et Ben Ross l'an dernier pour le mois anglais, il m'avait beaucoup plu, et j'ai donc continué à suivre notre charmant duo d'enquêteur au fil des tomes. 
Pour cette lecture commune du mois anglais 2017, c'est du 5ème tome que je vais vous parler!

Résumé: Un homme destiné à la corde dirait n'importe quoi pour sauver sa vie. Mais que faire si son témoignage était vrai? Lorsque l'inspecteur Ben Ross est appelé à la prison de Newgate par un homme condamné à mort, il ne s'attend pas à accorder le moindre crédit à son témoignage. Mais le récit d'un assassinat dont il a été témoin il y a plus de dix-sept années est si convaincant que Ben ne peut s'empêcher de se demander si ce qu'il a entendu est vrai. S'il n'est trop tard pour sauver la vie de l'homme, peut-il encore enquêter sur un crime passé inaperçu pendant toutes ces années?

On retrouve dans ce roman Lizzie et Ben, qui sont maintenant mariés.
Ben, appelé par un condamné à mort décidé à soulager sa conscience, se retrouve face à un dilemme: faut-il ou non croire l'histoire de cet homme, dit-il la vérité, ou veut-il juste gagner du temps avant son exécution? 
Sans l'autorisation de sa hiérarchie, c'est sa femme qui va tenter de vérifier si le témoignage du pendu est vrai. Accompagnée de Bessie, sa fidèle domestique, et de Wally Slater, le sympathique cocher rencontré dès son arrivée à Londres par Lizzie, elle va tenter de retrouver les lieux évoqués par le condamné. Cette recherche va déclencher des réactions en chaine, permettant de résoudre cette affaire vieille de plus de 15 ans.

En parallèle, Ben est chargé par un homme de retrouver sa femme et sa fille, qui ont disparu de son domicile. Par un étrange hasard, Ben l'a croisé à son retour de la prison, dormant dans la rue, ce qui le pousse à remettre en question les allégations du mari prétendant qu'elles ont été enlevées...

Les intrigues sont bien menées, mais ce roman nous offre aussi une véritable réflexion sur la place de la femme dans la société de cette époque: Lizzie ne pourrait être embauchée par la police, même si à chaque fois elle apporte une aide déterminante aux enquêtes de son mari.
La jeune femme disparue n'avait aucune liberté, son mari la séquestrant presque, l'empêchant de sortir, d'avoir des relations sociales, mais au final malgré ses torts il garde tous les droits sur leur fille...

Encore une fois une lecture sympathique qui nous ouvre des pistes de réflexion au-delà du simple plaisir de l'enquête policière.

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Participation à la lecture commune sur Ann Granger dans le cadre du mois anglais 2017

mercredi 28 juin 2017

Lecture: Ma vie (pas si) parfaite



Que serait un mois anglais sans check-litt, et en particulier sans Sophie Kinsella qui m'a accompagnée sur les 2 précédents! Je n'avais pas envie de lire encore un épisode de la saga de l'"Accro du shopping" (un peu lassant à force), mais la critique lue chez Eva de ce nouvel opus de la romancière m'a donné envie de le lire.

Résumé: À Londres et dans le Somerset, de nos jours. Sorties culturelles, soirées animées, restos branchés, job de rêve dans une grande agence de pub, d’après ses comptes Facebook et Instagram, Katie, 26 ans, vit la vie géniale des it-girls de Londres. En réalité, elle loue une fortune une chambre minuscule dans une coloc à presque deux heures du centre, vit sur un budget tellement serré qu’elle doit parfois choisir entre un repas et un « mokaccino » hors de prix et travaille pour une boss cauchemardesque. Et quand cette dernière décide de la virer sous un prétexte pour le moins léger, Katie n’a d’autre choix que de rentrer chez son père dans le Somerset. Mais pas question de se laisser abattre. Londres ne veut pas d’elle ? Katie va trouver un moyen de faire venir Londres à elle et de faire de la ferme familiale l’endroit le plus hype de tout le Royaume-Uni. Tellement hype qu’il pourrait bien attirer les hipsters de la capitale et avec eux, de vieilles connaissances… 

Rien à dire, ce roman tient ses promesses de lecture feel-good: l'héroïne est attachante, elle a d'abord de nombreux ennuis avant que la chance tourne et qu'elle ait enfin la vie presque parfaite qu'elle mérite...
Je dois avouer que vu les péripéties familiales de ces derniers jours, c'était exactement ce qu'il me fallait pour me détendre, et pouvoir lire sans me prendre la tête.

Mais il y a quand même dans ce roman quelques pistes de réflexions, et en particulier la différence entre ce que l'on est et ce que l'on montre de soi, ainsi que sur la (mauvaise) influence des réseaux sociaux sur notre vie. J'ai déjà vu fleurir des discussions sur la toile à propos de ces images parfaites qu'on trouve sur Instagram, sur les blogs ou Facebook, montrant des intérieurs parfaits, des enfants parfaits, des vacances parfaites.... A rendre jalouse n'importe quelle mère débordée dont l'intérieur ressemble plus à un bazar sans nom, qui ne rêve que d'un peu de temps sans ses petits monstres.... Autant vous dire que je suis plus proche de la version "ma vie pas si parfaite" finalement créé par Katie, et que je ne risque pas de vous faire partager une version idyllique de mon home sweet home, ou de mes créations culinaires, mais plutôt mes tentatives de pâtisserie ou de couture par exemple ;-)

Le roman aborde aussi les relations parents/enfants: on a la relation de Katie et de son père, qui l'a élevée seul, basée sur un amour extrêmement fort, mais du coup de la part de Katie la peur de décevoir son père, l'incompréhension sur le choix de vie....; d'un autre côté, la relation de Demeter et de ses enfants, très largement influencée par la culpabilité de cette mère qui travaille et tente de compenser son manque de présence auprès de ses enfants, ou encore la relation d'Alex et de son père, l'homme qui a réussi, mais qui au final n'a pas de lien avec son fils.... Là encore les familles parfaites n'existent pas, même si elles le paraissent, et il ne faut pas se fier aux apparences!

Je vous rassure, toutes ces réflexions ne sont peut-être que le fruit de mon imagination délirante, et pas du tout une volonté de l'auteur (ce que je me disais d'ailleurs à chaque fois que je faisais un commentaire de texte en français, et qu'on tentait de faire dire au texte plein de choses que l'auteur n'avait peut-être même pas envisagé), et le principal de ce roman est qu'il est parfait pour un bon moment de détente sans prise de tête, je vous le recommande sans hésiter pour votre sac de plage!

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Participation au mois anglais 2017

samedi 24 juin 2017

Lecture: Meurtres en copropriété

Je ne sais plus si j'avais repéré ce roman dans un challenge du mois anglais ou de "the english year", toujours est-il que j'ai profité de cette nouvelle édition du mois anglais pour découvrir un nouvel auteur de roman policier!

Résumé: Quoi de plus paisible que le Yorkshire en automne? C'est ce que s'imagine le superintendant Duncan Kincaid, fraîchement promu et déjà surchargé de travail.
Et donc, quand son neveu lui propose de profiter d'une semaine dans une résidence en copropriété, il accepte; pensant se reposer et lire quelques bons livres. Alors qu'il vient de faire la connaissanve de e que le hasard a réunis dans la maison pour quelques jours, Duncan découvre le corps de Sebastian, le sous-directeur de l'établissement, flottant dans la piscine du manoir. Penny MacKenzie, une vieille demoiselle écossaise, a vu quelque chose qui a peut-être un rapport avec la mort de Sebastian. Mais elle souffre de la maladie d'Alzheimer et, prudente, hésite à faire part de ses soupçons. On la retrouve sur le court de tennis, le crâne défoncé. Puis c'est Hannah Alcock, une scientifique, qui est retrouvée victime d'une tentative de meurtre. Quelqu'un l'a poussée dans l'escalier. L'enquête de la police locale piétine: le superintendant prend alors la direction des opérations et appelle à la rescousse sa jeune collaboratrice, Gemma James.

Premier roman de Deborah Crombie, et première enquête de Duncan Kincaid et Gemma James, j'ai apprécié cette nouvelle paire d'enquêteurs, même si j'attends de voir sur la suite comment les deux héros vont évoluer par rapport à ce qu'on découvre dans le premier épisode.

Au démarrage du roman j'ai d'abord cru que Kincaid était un vieux routier de la police, je trouve que c'est qui transparaît de la mise en place du roman. Et pourtant c'est un jeune prodige de la police londonienne, étoile montante à l'évolution très rapide. Et visiblement bien fait de sa personne si l'on en croit les réactions de toutes les femmes gravitant autour de lui! Son duo avec Gemma me fait un peu penser au duo Lynley/Havers d'Elizabeth George, même si pourtant Kincaid n'a rien d'un aristocrate, que Gemma est une jeune mère divorcée, donc aucun point commun qui pourrait expliquer cette impression.

Au niveau de l'enquête, l'intrigue est bien menée, je n'ai pas vu venir le dénouement, mais par contre je n'ai pas bien compris ce qu'apportait à l'histoire l'intérêt porté par Kincaid à la médecin du coin (peut-être que c'est une ouverture pour les romans suivants, à voir). 
Premier roman concluant, un policier facile à lire, bien mené, j'attends de découvrir la suite pour voir si la suite des aventures de Duncan et Gemma sera à la hauteur de ce premier épisode!

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Participation à la lecture commune "Polar " dans le cadre du mois anglais 2017

lundi 19 juin 2017

Lecture: La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry


Ce roman faisait partie de ceux que j'avais repéré lors du mois anglais 2015, mais à l'époque je ne l'avais pas trouvé à la bibliothèque, j'avais à la place emprunté "Deux secondes de trop", du même auteur.
Deux ans plus tard, j'ai enfin pu découvrir ce roman qui m'avait bien tenté!

Résumé: Ce matin-là, lorsqu'Harold Fry quitte son appartement pour aller poster une lettre, fermant la porte sur son épouse qui passe l'aspirateur, il est loin de se douter que cette promenade deviendra une traversée de l'Angleterre. Sans boussole ni carte, sans téléphone ni chaussures de marche, il fait le premier pas. La seule chose qu'il sait c'est qu'il doit absolument continuer. Pour sauver une vie. 
Jeune retraité à la vie bien rangée, malmené par une épouse exaspérante dans ses paroles et ses gestes, Harold Fry reçoit un matin une lettre d'une vieille amie perdue de vue depuis longtemps qui lui annonce sa mort prochaine. Un courrier auquel il doit répondre. Une réponse qu'il s'empresse d'aller porter à la boîte aux lettres la plus proche, une impulsion qui lui dicte d'aller jusqu'à la prochaine.... Harold sort de la ville, animé par l'intuition qu'il doit remettre cette lettre en main propre à son amie. Et que, tant qu'il marchera, elle vivra. Poussé par cette conviction indéfectible, Harold entame alors un véritable pèlerinage à travers le pays. L'occasion pour lui de réfléchir sur sa vie, ses regrets, son avenir.

Je ne sais pas pourquoi, ce roman m'a un peu fait penser à "Forrest Gump". Pourtant il n'y a absolument rien de commun entre les 2, mais mon subconscient m'a mis ces images dans la tête, peut-être ai-je ramené la marche de Harold à la course de Forrest.

Harold est un retraité à la vie monotone, il cohabite avec sa femme mais ils ne partagent plus rien, et quand il reçoit la lettre d'une ancienne collègue, son destin bascule. En tenue de ville et chaussures bateau, après une discussion avec une jeune femme dans une station service, il décide d'aller en marchant retrouver Queenie, pour la maintenir en vie. Démarche utopique, mais il va s'accrocher, tenir le coup, et cette marche va lui permettre de réfléchir sur sa vie, sur ce qu'il fait, en bien ou en mal, et s'éloigner de sa femme va finalement le conduire à la retrouver.
Cet éloignement, très mal vécu au départ par sa femme, qui se sent abandonnée, va lui permettre à elle aussi de revenir sur ce qui les a séparés, et de retrouver le fondement de leur couple.

Harold laisse derrière lui tout le superflu, il renoue des contacts avec les autres, mais l'effet pervers est qu'il devient une sorte de modèle, au point qu'il perd à la fois son indépendance et d'un certain côté l'objectif qu'il se fixait, en n'osant pas repousser ceux qui le rejoignent pour l'accompagner.

Ce roman nous invite à réfléchir à ce qui est important pour nous, et à l'importance de toujours se battre pour ceux qui nous sont chers. Ne jamais lâcher, toujours y croire, je sais à quel point c'est important, nous l'avons vécu pour ma mère comme pour mon père. Se savoir important pour quelqu'un, savoir que quelqu'un est prêt à repousser les limites pour soi est une aide inestimable, même si parfois on ne peut hélas rien contre le destin.

Harold ne pourra changer le destin de Queenie, mais grâce à cette lettre, il donne une nouvelle orientation à sa vie, rouvrant son coeur à l'autre et à lui même.

Une belle découverte faite grâce au mois anglais!

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Participation au mois anglais 2017


samedi 17 juin 2017

Lecture: La vie rêvée de Virginia Fly


J'avais repéré ce roman lors de "A year in England", j'ai donc profité de ce nouveau mois anglais pour découvrir enfin Angela Huth.

Résumé: Souvent, debout face à ses élèves ou allongée sur son lit, Virginia Fly a la vision merveilleuse d’une main d’homme caressant son corps, déclenchant un frisson le long de son épine dorsale. Que ferait-elle si un inconnu apparaissait à la fenêtre, pénétrait dans la pièce et la séduisait? Car à trente et un ans, Virginia, toujours vierge, vit sagement chez ses parents, dans la banlieue de Londres. Il y a bien son ami Hans, un professeur mélomane, mais ce n’est pas lui qui assouvira ses fantasmes. Non, celui qu’elle attend, c’est Charlie, son correspondant américain, dont la visite s’annonce enfin après douze années d’échanges épistolaires. Seulement cette arrivée coïncide aussi avec la diffusion d’un reportage télévisé sur Virginia, qui se prend à rêver que, parmi les opportunités tout à coup florissantes, il en est une – peut-être le charmant Ulick Brand? – qui saura combler ses attentes.

Je n'avais pas réalisé avant de rédiger cette chronique que le roman avait été rédigé en 1972 (oui, je sais, je devrais me renseigner avant de commencer un livre, mais sur la liseuse je n'ai pas le réflexe d'aller lire la 4ème de couverture des romans que j'ai décidé de lire....). Cela donne un autre éclairage au roman en le situant dans le temps, et pourtant je l'ai lu avec plaisir sans savoir vraiment à quelle époque il se déroulait.

Virginia Fly, l'héroïne de ce roman, est  une jeune femme de 31 ans, professeur d'art plastique, vivant toujours chez ses parents, et toujours vierge. Même son prénom correspond à son statut, comme une prédestination.... Mais si en apparence Virginia est une jeune femme terne, sans histoire, elle n'en a pas moins des rêves qui surprendraient son entourage, tellement ils sont loin de de qu'elle incarne.
La vie de Virginia bascule avec à la fois sa participation à une émission de télé, dans laquelle son statut de vieille fille vierge est mis en avant, et par l'arrivée de son correspondant américain, Charlie, après des années d'échanges épistolaires. Et la confrontation de ses rêves et de la réalité n'est pas toujours facile.

Virginia est attachante, on la plaint un peu, tellement elle semble naïve, loin de la réalité, et pourtant elle est plus complexe que son apparence ne le montre. Sans vouloir dévoiler le roman, j'ai beaucoup aimé la scène entre Mrs Fly et Mrs Robinson, où Angela se montre bien moins gentille qu'elle n'en a l'air. Les relations entre Virginia et ses parents, les préparatifs du mariage sont finement décrits, de même que la routine de Mrs Robinson, qui elle aussi est loin de ce qu'elle paraît être.

Virginia rêve, mais au final à travers tous ses personnages Angela Huth nous montre le décalage entre les apparences et la réalité, que Virginia amplifie en ajoutant à ce qu'elle voit ce qu'elle voudrait voir arriver. Ce roman est un peu triste, car à force de rêver, Virginia ne trouve pas le bonheur dans la vraie vie, et je ne suis pas sure d'avoir bien compris la fin (ou le message que l'auteur cherche à nous faire passer).

Lecture intéressante, mais qui me laisse un peu sur ma fin, un peu triste pour cette héroïne à qui l'on souhaiterait d'enfin trouver sa place dans le monde réel.

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Ceci est ma participation à la lecture commune "Angela Huth" dans le cadre du mois anglais 2017.

mardi 13 juin 2017

Lecture: Agatha Raisin Tome 3 - Pas de pot pour la jardinière

J'avais découvert Agatha Raisin grâce à un concours organisé pour le mois anglais l'an dernier. Après avoir apprécié le tome 1, et le 2 qui n'a jamais été chroniqué, je profite du retour du mois anglais pour vous parler du tome 3!

Résumé: De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d'une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu'amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s'annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s'incline  pas avant d'avoir combattu (quitte à se livrer à l'une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret)! C'est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans une de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n'était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale.

Dans le tome 1 notre citadine débarquait dans un petit village de province pour y couler une retraite bien méritée, et tombait sous le charme de son voisin, major retraité insensible aux attraits de sa voisine.
Dans le tome 3, Agatha se heurte à une nouvelle venue, bien plus féminine et charmante qu'elle...mais qui finit plantée dans un pot de fleurs! Agatha reste fidèle à elle-même, incapable de tirer des leçons de ses erreurs, elle est prête à tout pour s'intégrer et se faire passer pour la parfaite villageoise capable d'avoir le plus beau jardin. Elle cherche à se faire passer pour ce qu'elle n'est pas, mais l'histoire montre qu'elle n'est pas la seule, que les apparences sont parfois trompeuses, et que la gentille n'est pas toujours celle qu'on pense.

Malgré ses défauts, Agatha est attachante, et à son insu trouve sa place dans le village: les villageois tiennent à elle, et si ils ne sont pas dupes de ses tentatives de "tromperie", ils l'acceptent. Mélange de Miss Marple et de Miss Catastrophe, elle nous entraîne à sa suite dans des rebondissements rocambolesques pour notre plus grand plaisir.

Encore une fois cette aventure est bien menée et distrayante, à la hauteur des 2 précédents tomes, à mettre dans ses valises pour les longs week-ends et les vacances!

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Ceci est ma participation à la lecture commune "Agatha Raisin" dans le cadre du mois anglais 2017!



lundi 12 juin 2017

Lecture: Manderley for ever


Résumé: "La nuit dernière, j'ai rêvé que je retournais à Manderley", cette phrase mythique a transporté des générations de lecteurs. Rebecca ou Les Oiseaux, immortalisés par Alfred Hitchcock, ont enthousiasmé des millions de spectateurs. Mais que sait-on réellement de la vie de Daphné du Maurier? Tatiana de Rosnay, en admiratrice inconditionnelle, s'est lancée sur ses traces. Sans rien occulter, allant de découvertes en surprises, elle dresse le portrait d'une romancières énigmatique, auteur d'une oeuvre sombre souvent dérangeante. attachée à ses racines françaises, fille d'un père adoré gloire du théâtre londonien, épouse du général Browning, Daphné du Maurier eut en apparence la vie lisse d'une mère de famille. Mais le goût du secret qui caractérise ses romans se reflète dans ses liaisons clandestines dont certaines avec des femmes. Mandeley forever raconte une histoire haletante, qui début à Mayfair, sous le signe de Peter Pan, et s'achève à Kilmarth, la maison du bord de l'océan, après un détour par Menabilly, manoir de Cornouailles, pour lequel Daphné du Maurier nourrissait une passion dévorante.

En général, je ne lis pas de biographie, j'ai un gros a priori à leur sujet, persuadée que raconter la vie d'une personne réelle ne peut qu'être ennuyeuse. Et pourtant j'ai emprunté ce livre de Tatiana de Rosnay, à la fois parce que j'aime beaucoup cet auteur, et aussi parce que Daphné du Maurier est l'un des auteurs qui a bercé mon adolescence, avec "l'Auberge de la Jamaïque", "Rébecca", "Ma cousine Rachel", et dont j'ai découvert avec plaisir d'autres titres "La crique du Français" et "L'amour dans l'âme" grâce au mois anglais et a year in England.

Cette lecture m'a passionnée! Loin de mes a priori, cette biographie se lit comme un roman, tellement on est emporté par la vie de cette femme si loin de ce que j'imaginais.
Peut-être comme bien d'autres avais-je inconsciemment collé une image de petite fille sage à cet auteur qui parlait si bien à mon esprit de jeune fille, et pourtant j'ai découvert une femme passionnée, une femme libre malgré son époque, libre dans ses amours, dans son comportement, dans ses écrits, dans ses tenues....

On est tellement loin d'une jeune fille rangée de bonne famille: elle est d'une lignée de créatifs, d'artistes, côtoyant dès son plus jeune âge le théâtre et la littérature. Ses sœurs ont aussi hérité de cet esprit crétif, même si elles n'atteindront jamais la renommée de Daphné.

Daphné mène sa vie à sa guise, avec au centre de son univers l'écriture: même sa vie de famille doit s'organiser autour de son besoin de création, quitte à laisser son mari vivre loin d'elle, ou d'autres s'occuper de ses enfants. Et que dire de son attachement à Menabilly, ce lieu qui lui fut si cher, et qui servira d'inspiration pour "Rebecca". Daphné est entière, consacrant sa vie à ses passions, sans jamais pourtant abandonner ceux qui lui sont chers.

Concernant  sa bibliographie, je n'avais pas réalisé qu'elle avait autant écrit, tout comme je n'avais pas réalisé qu'elle était si jeune quand elle a écrit ses premiers romans, et en particulier "Rebecca", qui a fait sa gloire et son malheur d'un certain côté, puisqu'il a servi de jauge à l'ensemble de son oeuvre.
J'ai aussi été très intéressée par son rapport avec les adaptations cinématographiques de ses livres, et déçue d'apprendre que les traductions françaises de ses romans sont parfois "tronquées" par rapport à la version originale (même si je n'aurais jamais le courage de les lire en anglais ;-)).

Cette lecture m'a donné envie de me replonger dans les premiers romans que j'avais lus, pour redécouvrir à l'aune de la personnalité de leur auteur ces textes qui m'avaient emportés!

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Ceci est ma participation à la lecture commune "Daphné du Maurier" dans le cadre du mois anglais 2017


dimanche 11 juin 2017

Lecture: Petits meurtres à Mangle Street



Encore une fois, le mois anglais m'a permis de faire une nouvelle découverte, et c'est sur un conseil de Bianca que je me suis lancée dans cette nouvelle lecture.

Résumé: Londres, 1892. Une femme est sauvagement assassinée dans le quartier pauvre de Whitechapel. Désemparée par l'inefficacité de la police, la mère de la victime engage Sidney Grice, le plus célèbre détective privé de Londres. D'une intelligence acérée, pointilleux et exigeant, l'homme est d'une efficacité redoutable. Il pense que le "sexe faible" n'a pas sa place dans un cabinet de détective, mais il fait tout de même appel à March Middleton, une jeune femme excentrique un peu trop portée sur le gin, pour l'assister dans cette affaire. L'irrésistible duo mène l'enquête et découvre que le mystérieux meurtre n'était que le premier d'une sinistre série. Dans un Londres où planent des ombres terrifiantes,, le danger rôde à chaque coin de rue... 

Je dois avouer que j'ai été un peu surprise par ce duo atypique: March est une jeune femme de 21 ans, qui  vient de perdre son père, et qui se retrouve chez son tuteur qu'elle ne connait pas à Londres. Elle a visiblement vu beaucoup de pays avec son père, elle l'a suivi dans des pays en guerre, mais son passé reste mystérieux, ce qui la rend difficile à cerner.
En face, Sidney, détective "personnel", et non privé, il y tient, désagréable, misogyne, imbu de lui-même, toujours sur de lui et de son jugement. Il est incroyablement strict, refusant chez lui tabac et alcool, traitant fort mal sa domestique, rabaissant les femmes qu'il considère comme n'ayant pas de cerveaux!

Ce duo fonctionne, même si j'ai parfois été un peu perdue dans l'intrigue, certaines transitions sont un peu abruptes. On retrouve un peu le fonctionnement Holmes/Watson, avec le rapport de domination un peu méprisante du détective vis-à-vis de son acolyte. A ce duo s'ajoute un policier, qui a appris à faire confiance aux idées et aux affirmations de Sidney, grâce à qui nombre d'affaires ont été résolues.
Cela dit l'enquête est bien menée, les rebondissements nous entraîne à la suite de March dans des incertitudes sur le coupable, comme elle on s'interroge sur le fonctionnement de Sidney.

Même si j'ai été parfois un peu perdue dans cette lecture, j'aimerais bien découvrir la suite des aventures de ce duo, et surtout en connaître plus sur le passé de March, et le futur qu'il pourrait y avoir!

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Participation au mois anglais 2017

vendredi 9 juin 2017

Lecture jeunesse: les enquêtes d'Alfred et Agatha, tomes 3 et 4

Je vous avais déjà parlé ici des Enquêtes d'Alfred et Agatha, que j'avais beaucoup apprécié, de même que Mlle Souricette.

Nous lui avons donc acheté la suite des aventures de ces deux jeunes détectives, qu'elle a dévorés à toute vitesse, comme moi.

Tome 3 - Résumé: Agatha reçoit un mystérieux paquet par la poste avec une lettre de son oncle qui lui recommande de veiller sur ce colis avec interdiction de l'ouvrir. Le lendemain, elle reçoit des instructions: elle doit remettre le précieux paquet à un inconnu. Mais on le lui vole. Avec Alfred, son fidèle complice, ils se lancent à la poursuite de l'homme, à leurs risques et péril.

Dans cet épisode, Alfred et Agatha vont rencontrer Thomas Edison, s'intéresser au cinéma qui se développe, et bien sûr essayer de retrouver la boite mystérieuse déçue par Agatha et qui lui a été dérobée. L'intrigue est bien ficelée, Alfred et Agatha bénéficie dans ce tome de l'aide d'une autre fillette, ce qui crée un peu de jalousie chez Agatha!
On fait aussi la connaissance de son oncle qui lui a offert Snouty Jones, la petite chienne qui participe activement à toutes leurs aventures.


Tome 4 - Résumé: Hercule, le majordome de la famille d'Agatha, est inquiet: sa sœur Emma, une actrice vivant à New York, est tombée mystérieusement malade. Alfred et Agatha décident de l'accompagner à son chevet, aux Etats-Unis. Bientôt, un autre membre de la troupe de théâtre d'Emma semble atteint du même virus. Comme la jeune femme, il a été retrouvé inanimé devant un piano.

Cette fois-ci c'est en Amérique que nos deux jeunes héros vont mener l'enquête. Le roman aborde le voyage transatlantique, la différence de traitement à l'arrivée en fonction du rang social des passages, et  le débarquement à Ellis Island des passagers des niveaux inférieurs, mais on y découvre aussi Groucho, Harpo et Chico Marx, ainsi que Sarah Bernhardt!
Encore une fois Ana Campoy nous emmène dans une intrigue totalement imaginaire, mais parfaitement réaliste, nous plongeant dans l'univers du spectacle, de ses rivalités...

Ces deux tomes ont confirmé la bonne impression que j'avais eu à la lecture des deux premiers. Totalement accessible aux jeunes lecteurs, ces romans policiers adaptés à un jeune public sont à conseiller pour tous les amateurs d'enquêtes!

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Ceci est ma participation à la lecture commune "Albums jeunesse ou littérature jeunesse" pour le mois anglais 2017

lundi 5 juin 2017

Lecture: Le charmant cottage d'Amelia


J'avais noté la recommandation d'Icath en ce démarrage du mois anglais pour "La merveilleuse boutique de crèmes glacées de Viviane", que je n'ai malheureusement pas trouvé à la bibliothèque, mais j'ai trouvé un autre roman du même auteur que j'ai donc emprunté sans hésitation.

Résumé: Alors qu'elle s'apprête à fêter ses 30 ans, Amelia retrouve dans un tiroir une liste de souhaits qu'elle s'était promis de réaliser. Parmi ces voeux figure en bonne place: "Vivre à la campagne, dans un cottage".... Le quotidien d'Amelia est pourtant bien différent: elle occupe avec son mari Jack un minuscule appartement à Londres, quelques mètres carrés où elle se sent étouffer à petit feu. Bien décidée à concrétiser son rêve, la jeune femme se lance avec enthousiasme à la recherche d'un cottage où s'installer. Limité par un budget serré, le coupe opte finalement pour une vieille bâtisse pleine de charme, mais nécessitant d'être rénovée de fond en comble. Lorsqu'elle pose ses valises dans sa nouvelle demeure, Amelia est loin de se douter de l'ampleur des travaux à mener. Elle ignore aussi combien ce déménagement va bouleverser profondément sa vie familiale et sentimentale. De surprises en rebondissements, le cottage sera-t-il finalement prêt pour Noël?

Je dois encore être conditionnée par les lectures bébé que j'achetais pour mes enfants, mais c'est ce à quoi m'ont fait penser les titres des romans de cet auteur, associant à un objet/lieu un prénom (on dirait la voiture d'Arthur ou le camion de Léon :-)). 

Cela dit bien sûr ce roman n'a rien à voir avec les livres pour bébés auxquels il me fait penser. Comme Icath le dit pour le roman qu'elle a lu, rien de transcendant dans cette lecture, mais un bon roman plein de bons sentiments et pas compliqué à lire, parfait pour la plage ou un vrai moment de détente.

On fait ici la connaissance d'Amelia, jeune londonienne presque trentenaire, professeur de lettres, mariée depuis 2 ans, et qui, après avoir retrouvé une liste de souhaits à réaliser avant ses trente ans, se lance avec son mari dans l'achat d'un cottage dans la campagne anglaise.
Bien sûr rien ne se passe comme prévu, la maison est dans un état catastrophique, et Amelia manque de laisser son couple dans les travaux de rénovation.

Ce roman est facile à lire, mais il aborde quand même des sujets non anodins dans la vie d'un couple: l'achat d'un logement, la rénovation d'une maison et ses conséquences sur le couple, ainsi que le désir d'enfant, et plus particulièrement l'impact que peut avoir le désir de l'un si l'autre n'est pas en accord avec cette envie.
Pas d'illusions à avoir cependant, on n'a pas ici un roman psychologique analysant des thèmes de société, ces sujets servent à l'intrigue de cette histoire sans rentrer dans le détail. Mais ils nous renvoient malgré tout à des problématiques qui sont courantes dans notre société.

J'ai beaucoup aimé la description de ce qu'Amelia projette et fait de cette maison, peut-être parce que je suis totalement incapable de faire ce genre de choses (ce qui nous a conduit à acheter une maison dans laquelle nous nous projetions dans difficultés, avec peu de travaux à faire, et en tout cas pas de grosses modifications). Moi qui adore rêver devant les émissions de déco, je me suis sentie à l'aise dans ce roman. 
Par contre on n'a finalement pas beaucoup d'informations sur l'impact du départ de ce couple londonien vers la campagne, à part la problématique du temps de trajet....

En filigrane, on découvre l'histoire d'Eleanor, l'ancienne propriétaire du fameux cottage, au fil des découvertes que fait Amelia en rénovant la maison. C'est dommage que cette histoire ne soit pas plus développée, elle donne un côté un peu mystérieux et attirant à ce cottage qui n'est pas assez utilisé à mon sens.

Ce roman est parfait pour la plage, pour un moment de lecture sans prise de tête, où tout est bien qui finit bien, et qui donne envie d'aller investir dans un petit village anglais!


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Participation à la lecture commune "Campagne Anglaise" dans le cadre du mois anglais 2017 

jeudi 1 juin 2017

Lecture: L'étrangleur de Cater Street


Pour démarrer ce mois anglais 2017, j'ai décidé de (enfin) lire le début des aventures de Thomas et Charlotte Pitt. J'avais découvert la série plutôt par la fin, avec "La disparue d'Angel Court" et "Bryanston Mews", dans lesquels Thomas et Charlotte sont parents, où Thomas a un poste à responsabilités... J'avais envie de commencer du début, pour comprendre un peu l'histoire de ces 2 personnages, même si chaque roman peut se lire indépendamment, les enquêtes n'étant pas liées.

Résumé: Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les code et manières victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock. Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides. Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle: le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie. Dans cette nouvelle série "victorienne", la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard.

Le premier tome de cette série met en scène la rencontre de nos 2 héros, au cours d'une enquête pour des meurtres qui touchent le quartier dans lequel vit Charlotte, jeune fille de bonne famille.
Pas de toile de fond historique dans ce roman, Thomas étant simple inspecteur, on n'a pas comme dans les derniers la vision sur le monde que lui donnera son travail par la suite.

L'enquête d'abord: des jeunes filles sont retrouvées étranglées et mutilées dans la rue, et si la première peut sembler un meurtre au hasard, à partir de la seconde la police se met à la recherche d'un tueur en série. Bien menée, même si j'avais des doutes sur le coupable bien avant la fin, elle est très centrée sur Charlotte: ce n'est pas elle qui mène l'enquête, mais on suit beaucoup de ses réflexions, de ses questionnements....
Plus qu'une simple enquête, le roman nous parle de la condition de la femme, de ce que doit et ne doit pas faire une jeune fille de bonne famille, avec les différentes générations (la grand-mère paternelle de Charlotte, sa tante veuve, sa mère, ses soeurs), les jugements portés sur les jeunes filles assassinées, dont ce ne peut qu'être la faute de par leur comportement, de ce qui peut conditionner un bon mariage..... Charlotte détonne dans son milieu, elle est trop franche, trop intelligente, mais pas assez manipulatrice pour le cacher, comme sa soeur Emily le fait si bien. Cela réduit ses chances de trouver un mari dans la bonne société, et lui permet aussi de braver les conventions sociales pour épouser un simple policier, plus bas dans l'échelle sociale qu'un majordome!
Anne Perry évoque aussi la différence de traitement entre les hommes et les femmes, pour qui on ne tolère pas les mêmes écarts, mais aussi la notion d'amour dans cette époque où bien souvent les mariages étaient de convenance...

J'ai beaucoup apprécié ce premier tome, et entamé avec plaisir le suivant, j'ai hâte de découvrir la suite des aventures de ce couple atypique et attachant!

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Première participation au mois anglais 2017



jeudi 11 mai 2017

Le mois Anglais Saison 6!


Juin approche, et avec lui l'été le mois anglais, organisé par Lou et Cryssilda.

Cette année pas de liste planifiée avec mes lectures, je suis trop à la bourre pour ça, mais comment résister à l'appel des découvertes de ce mois outre-Manche!

J'ai déjà "Agatha Raisin" et "Alfred et Agatha" à chroniquer, et ensuite on verra bien en fonction de mon planning et de mes envies!

Vivement juin!




dimanche 19 mars 2017

Lecture: Les mots entre mes mains


Presque 2 mois que j'ai délaissé mon blog. Deux mois sans écrire, pas le temps, pas le coeur, trop de choses à gérer par ailleurs, et beaucoup de lectures "faciles", beaucoup de romans policiers (Franck Thilliez et son univers si étrange et si sombre en particulier, ou Jean-Christophe Grangé, même si je ne suis pas sure que ça ait eu un effet positif sur mon moral..), et aussi quelques déceptions qui ne m'ont même pas donné envie de vous en parler.....

Et puis il y a eu ce roman, découvert à la bibliothèque, que j'ai eu envie de vous faire connaître.

Résumé: Helena Jans van der Strom n'est pas une servante comme les autres. Quand elle arrive à Amsterdam pour travailler chez un libraire anglais, la jeune femme, fascinée par les mots, a appris seule à lire et à écrire. Son indépendance et sa soif de savoir trouveront des échos dans le coeur et l'esprit du philosophe René Descartes. Mais dans ce XVIIe siècle d'ombres et de lumières, leur liaison pourrait les perdre. Descartes est catholique, Helena protestante. Il est philosophe, elle est servante. Quel peut être leur avenir?

Ce roman m'a fait penser à "La jeune fille à la Perle", dans la Hollande du XVIIe, la rencontre d'une jeune servante avec un génie de l'époque. Mais dans le cas de ce premier roman, Guinevere Glasfurd se base sur une relation réelle entre le célèbre philosophe français et une jeune hollandaise, qui se son rencontrés avant la publication du "Dicours de la Méthode".

Helena est un femme extraordinaire: elle sait lire et écrire, extrêmement rare pour les femmes à cette époque. Elle a appris seule, alors que son frère bénéficiant du droit d'aller à l'école avait refusé de lui faire partager ses apprentissages :"Le jour où Thomas a refusé de me montré celle qu'on lui avait apprises à l'école, je l'avais supplié, je m'étais pendue à son bras, à sa jambe, et pour finir au pan de sa chemise jusqu'à ce qu'il se déchire; il m'avait menacée, le poing serré. Cela ne m'avait pas découragée. Le soir, j'avais dessiné un "H" sur ma main dans le noir." Et cette volonté de progresser, d'apprendre ne la quittera jamais: d'abord chez Mr Sergeant, où elle va apprendre à utiliser seule une plume, puis avec Descartes, aux côtés duquel elle va découvrir les mathématiques, les sciences, au travers de leurs échanges.
Ce savoir, elle veut aussi le faire partager: elle va enseigner à une de ses amies à lire et à écrire, et se fixe comme objectif que sa fille soit instruite, quitte à devoir la laisser partir loin d'elle.

Cette envie d'apprendre va la conduire malgré elle à l'amour, sa relation avec Descartes évolue et d'apprentissage devient intime. Mais sa vie bascule alors, elle tombe enceinte, mais Descartes ne peut assumer publiquement leur histoire. Il tient cependant à ce qu'elle garde l'enfant, lui trouve un lieu où vivre sa grossesse, lui assure la subsistance. Mais il n'est pas là pour elle, et c'est elle qui devra affronter seule le regard des autres qui la jugent, dans une époque où les filles-mères étaient considérées comme des filles perdues. Même quand ils vivront ensembles, rien ne sera clairement affiché, pour ne pas nuire à la réputation de Descartes....

Si Helena est un personnage très attachant, je suis plus mitigée quant à Descartes: on aurait pu attendre d'un philosophe remettant en question le monde qu'il bouscule les convenances et affiche sa relation, mais il est partagé, et tout en refusant de se séparer d'Helena et de leur fille, il la cache, pour se protéger. Par contre j'ai aimé l'éclairage que donne le roman à ce grand homme: on le découvre dans son quotidien, les questions qu'il se pose, ses recherches, ses dissections, profondément humain.

Autour de ces deux personnages clés gravitent de nombreux autres protagonistes, parfaits représentants de leur époque, qui illustrent les conventions sociales, la place qui est attribuée à la femme dans la société, les préjugés.... Entre Limousin, le valet de Descartes, qui rejette Helena et tente de pousser son maître à le faire, la mère d'Helena qui rejette sa fille, allant jusqu'à fuir sa maison tant que sa fille y est, ou son frère déserteur qui la juge, rien n'est épargné à Helena qui va devoir se battre contre tous pour offrir à sa fille une vie heureuse.

J'ai été emportée par ce roman, plongée dans l'Amsterdam du XVIIe, comme dans un tableau de Vermeer dont j'ai retrouvé les ambiances dans les descriptions des intérieurs, le bureau de Mr Sergeant et sa chambre, les cartes chez les Veldman....

Ce premier roman est une belle découverte!

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Ce roman me permet une nouvelle participation à "A year in England"!

samedi 21 janvier 2017

Lecture: rattrapage de ma rentrée littéraire

La fin de l'année 2016 a été très compliquée pour moi, je n'ai pas eu ni le temps ni le courage de chroniquer les livres lus fin novembre, et je ne vous parle pas des billets dans mes brouillons qui attendent que je les écrive....

Je vais donc rattraper un peu le temps perdu avec 3 chroniques en une, je m'en excuse, d'autant que ma mémoire flanche un peu sur ces lectures découvertes juste avant l'accident de mon père qui a bouleversé notre mois de décembre.

La jeune fille et la guerre (Sara Novic)
Résumé: Ana mène une existence heureuse à Zagreb avec ses parents, sa petite sœur Rahela et son meilleur ami Luka lorsque la guerre avec les Serbes éclate. Bientôt, ce sont les premiers raids aériens, la peur au quotidien, l'afflux de réfugiés. Mais le pire reste à venir: au cours d'une expédition en Bosnie pour tente de faire signer Rahela, Ana et ses parents tombent dans une embuscade. Seule survivante, Ana va apprendre le maniement des armes dans un village rebelle avant de quitter le paus et de trouver refuge aux Etats-Unis.
En Amérique, Ana tente de reconstruire sa vie et de tirer un trait sur le passé. Mais devenue jeune femme, et alors que la guerre fait de nouveau irruption dans son pays d'adoption avec le 11-septembre, elle découvre qu'il faut parfois se confronter à ses démons pour reprendre le cours de son existence.

Ce livre m'a interpelé parce que ma belle-soeur est croate, d'un père serbe et d'une mère croate, et que cette guerre elle l'a vécu, et de ce que j'ai compris (c'est difficile de poser des questions de but en blanc sur une partie sombre de son histoire), ils ont dû fuir en Italie, la guerre a divisé leur famille....
L'héroïne de ce roman est une petite fille comme elle, quasiment du même âge, qui mène une vie heureuse entre sa famille et ses amis dans Zagreb ravagée par la guerre. Mais la maladie de sa soeur les contraint à sortir du pays pour l'emmener se faire soigner, et la vie d'Ana bascule. Ses parents meurent à côté d'elle, tout en tentant de la protéger, elle se retrouve seule et va devenir un enfant soldat, prenant les armes pour défendre le village qui l'a recueillie.
Adoptée avec sa soeur aux Etats-Unis, Ana enfouit son histoire, la dissimulant même à son petit ami, jusqu'à ce que son témoignage au Nations Unies la pousse à retourner en Croatie sur les traces de son passé.
Pour son premier roman, Sara Novic nous offre une histoire émouvante, mais aussi un rappel que les enfants soldats n'existent pas qu'à l'autre bout du monde, qu'à notre porte il n'y a pas si longtemps des enfants comme nous ont vu leur pays basculer dans l'horreur, et qu'ils ont dû affronter ce qu'on ne souhaite à aucun enfant dans le monde! Une belle découverte!



Des hommes de peu de foi (Nickolas Butler)
Résumé: Nelson a 13 ans en 1962 et passe l'été avec son père dans le Wisconsin, dans un camp scout dont il est le clairon. Cette histoire raconte le tournant qu'a été pour lui cet été-là et le suit dans différentes étapes de sa vie, notamment en 1996 et en 2019, et évoque les difficultés de l'âge adulte, d'être un bon père, un bon mari, un patriote...

Après "Retour à Little Wing", j'étais impatiente de découvrir le nouveau roman de Nickolas Butler, d'autant qu'Eva en a fait une critique qui m'a donné envie de le lire. Je dois avouer que je suis mitigée sur cette lecture. Je n'ai pas réussi à accrocher avec les personnages, et camp scout à l'américaine ne me parle pas, je ne me suis pas sentie emportée. Pourtant l'idée de ces trois générations avec leurs valeurs, leurs faiblesses est intéressante, mais je n'ai pas accroché. Je vous encourage à aller lire le billet d'Eva qui est bien plus argumenté que le mien, et donne une opinion plus positive de ce roman à côté duquel je suis passée.


The girls (Emma Cline)
Résumé: Nord de la Californie, fin des années 1960. Evie Boyd, quatorze ans, vit seule avec sa mère. Fille unique et mal dans sa peau, elle n'a que Connie, son amie d'enfance. Lorsqu'une dispute les sépare au début de l'été, Evie se tourne vers un groupe de filles dont a liberté, les tenues débraillées et l'atmosphère d'abandon qui les entoure la fascinent. Elle tombe sous la coupe de Suzanne, l'aînée de cette bande, et se laisse entraîner dans le cercle d'une secte et de son leader charismatique, Russel. Caché dans les collines, leur ranch est aussi étrange que délabré, mais, aux yeux de l'adolescente, il est exotique, électrique, et elle veut à tout prix s'y faire accepter. Tandis qu'elle passe de moins en moins de temps chez sa mère et que son obsession pour Suzanne va en grandissant, Evie ne s'aperçoit pas qu'elle s'approche inéluctablement d'une violence impensable. Dense et rythmé, le premier roman d'Emma Cline est saisissant de perspicacité psychologique. Raconté par une Evie adulte mais toujours cabossée, il est un portrait remarquable des filles comme des femmes qu'elles deviennent.

Encore une lecture sur les recommandations d'Eva, pour qui ce roman a été un coup de coeur. Si ce n'est pas le cas pour moi, cette lecture a été une très belle découverte. Evie adulte revient sur ce qu'elle a vécu adolescente. Parents séparés, perte de repère, Evie est attirée par un groupe de jeunes filles qui vivent sans contraintes, dans une communauté dirigée par un "gourou". Mais plus que Russel, ce gourou, c'est Suzanne qui attire Evie. Celle-ci s'intègre progressivement dans le groupe tout en conservant un semblant d'existence normale en continuant de vivre chez sa mère. J'ai beaucoup aimé l'ambiguité des sentiments et relations de Suzanne et Evie, mélange d'amour, de jalousie. On peut se demander si l'exclusion d'Evie des évènements dramatiques qui scellèrent le destin de Suzanne sont dus à de la jalousie, un besoin de contrôle ou un besoin de protection de la part de Suzanne vis-à-vis d'Evie. Dans ce roman on voit comment une jeune fille perdue peut être embarquée par une secte: Evie n'a plus de repères, elle est animée par un esprit de rébellion qui la conduit à suivre une voie dangereuse, à laquelle elle n'échappera que par hasard et par chance, et qui la poursuivra toute sa vie.
Là encore, une jolie découverte de la rentrée littéraire!

lundi 9 janvier 2017

2017!


Après une longue absence forcée par des problèmes familiaux, c'est avec plaisir et une sérénité retrouvée que je retrouve mon clavier et le chemin de ces pages.

Je vous souhaite une très belle année 2017, pour vous et pour tous ceux qui vous sont chers. Qu'elle soit remplie d'amour, d'amitié, de famille, de solidarité et de partage, de bonheur, de santé, et de tout ce que vous souhaitez!